Les incertitudes liées aux élections présentent un risque à la croissance du PIB de certaines économies d’Afrique Les incertitudes liées aux élections présentent un risque à la croissance du PIB de certaines économies d’Afrique
La plupart des pays africains ont des perspectives économiques positives, sauf ces pays où auront bientôt lieu des élections selon le dernier rapport de... Les incertitudes liées aux élections présentent un risque à la croissance du PIB de certaines économies d’Afrique
Tableau 1 : Croissance du PIB de l'Afrique par région, 2013-19

La plupart des pays africains ont des perspectives économiques positives, sauf ces pays où auront bientôt lieu des élections selon le dernier rapport de l’ICAEW (Institute of Chartered Accountants in England and Wales). Dans ‘Economic Insight: Africa Q4 2018′, publié aujourd’hui, l’organisme de comptabilité livre des estimations de croissance du PIB pour plusieurs régions, dont l’Afrique de l’Est, qui devrait croître de 6,3 %, l’Afrique occidentale et centrale, avec une croissance de 2,5 %, la zone Franc, où la croissance sera de 4,6 %, et l’Afrique australe, avec une estimation de croissance de1,2 %.

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud, le 14 décembre 2018, -/African Media Agency (AMA)/- Le rapport, commandité par l’ICAEW et réalisé par son partenaire, le cabinet de prévisionnistes Oxford Economics, donne un aperçu de la performance économique de la région. Il se concentre sur l’Afrique orientale, l’Afrique occidentale et centrale, la zone Franc, l’Afrique australe et l’Afrique septentrionale.

Selon le rapport, l’Afrique orientale continue d’afficher la meilleure croissance du PIB du continent, bien que la croissance économique de la région devrait baisser légèrement, de 6,8 % en 2017 à 6,3 % en 2018. La plus forte estimation de croissance, à 7,8 %, concerne l’Éthiopie, alors que la plus faible, à 3,8 %, est celle du Sud-Soudan ravagé par la guerre.

Cependant, le classement inférieur de la croissance de certains pays de la région montre à quel point l’instabilité politique peut avoir un effet considérable sur les perspectives économiques. Par exemple, la croissance du Kenya a rebondi à 5,4 % cette année, après avoir chuté à 4,9 % en 2017. Cette baisse est imputable à l’incertitude politique qui a marqué les élections de l’année dernière.

Michael Armstrong, directeur régional de l’ICAEW pour le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud, a déclaré : ” L’instabilité politique est en général à son comble en période d’élections dans certains pays d’Afrique. Une telle situation a pour effet de freiner la croissance du PIB de certains pays, vu que la croissance économique a un lien complexe avec les élections et l’instabilité politique qui en découle ».

En Afrique occidentale et centrale, on prévoit une croissance moyenne de 2,5 %. Les prévisions du Ghana devraient augmenter de 5,2 %, ce qui met en évidence une économie stable. Cependant, ce n’est pas le cas pour la plus grande économie d’Afrique, le Nigéria, dont la croissance est estimée à 1,8 %. La faible performance peut en partie être attribuée aux élections prévues en février prochain.

Il y a peu de doute quant à savoir qui remportera les élections en République démocratique du Congo (RDC) en décembre, mais les tensions politiques vont néanmoins augmenter et constituent le principal obstacle à la prévision de croissance du PIB de 4,1 % cette année.

Tableau 1 : Croissance du PIB de l’Afrique par région, 2013-19

Le même scénario électoral se retrouve en Afrique australe, étant la région la plus à la traîne avec une prévision de PIB qui ne devrait augmenter que de 1,2 %. La rhétorique électorale concernant les droits à la terre et à la propriété en Afrique du Sud avant les élections de 2019 a attisé les craintes des investisseurs.

Ainsi, le président Cyril Ramaphosa peine à les convaincre qu’il en est autrement. Le pays devrait afficher une croissance du PIB de seulement 0,7 %.

Pendant ce temps, le gouvernement zimbabwéen souffre de problèmes de crédibilité post-électoraux, les prêteurs et investisseurs internationaux n’étant pas convaincus que la situation se soit améliorée à Harare, après les violences et les allégations de fraude qui ont entaché les élections de juillet.

En Afrique du Nord, la Libye et l’Algérie devraient organiser des scrutins dans un proche avenir, en décembre 2018 et en avril 2019, respectivement. Néanmoins, les élections en Libye ne se dérouleront presque certainement pas, le cadre juridique n’ayant pas encore été mis en place. Les deux pays sont d’ailleurs les économies dont la croissance a été la plus rapide et la plus lente de la région cette année, avec 14,7 % et 2,3 %, respectivement.

L’Égypte, qui a tenu des élections en mars ayant vu le président Abdel Fattah Al-Sisi largement plébiscité, devrait connaître une croissance de 5,3 % cette année. La maîtrise du pouvoir par M. Sisi semble contribuer au rebond économique du pays.

La zone Franc devrait connaître une croissance du PIB d’environ 4,6 % cette année. Le Cameroun devrait afficher un taux de croissance du PIB de 4,0 % cette année, contre 3,2 % en 2017, malgré le retour au pouvoir de l’impopulaire président Paul Biya et les violences qui ont accompagné sa réélection.

Les élections et l’instabilité politique qu’elles entraînent ont évidemment un lien complexe avec la croissance économique.

Le rapport Economic Insight: Africa est disponible dans son intégralité sur le lien ci-dessous : http://www.icaew.com/en/technical/economy/economic-insight/economic-insight-africa

Distribué par African Media Agency (AMA) pour ICAEW.

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Source:: African Media Agency

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